27.09.2009

le système HEC

systeme HEC.jpgLe système HEC revient sur le devant de la scène à l’occasion de la sortie du livre J’ai fait HEC et je m’en excuse d’une ancienne Florence Noiville.

 

Les filières d’excellence sont tant décriées, montrées du doigt comme si c’était elles les responsables de tous les maux de la France et même au-delà. Après tout la crise, n’est ce pas là un problème de gouvernance ?

 

De jeunes étudiants nés avec une cuillère en argent dans la bouche qui comme papa et maman occuperont des hauts postes et gagneront l’argent qui se feront sur le dos des ouvriers. Comme pour dire « eux ils ont la vie facile alors que tout le monde galère ». Mais c’est aussi caricatural que faux. C’est oublier combien c’est difficile de réussir à intégrer ces écoles. C’est oublier que les gens de ce système ne sont pas simplement des grands ambitieux mais aussi de gros bosseurs à l’incroyable persévérance. Et surtout c’est oublier, que la majorité le font par vocation…

 

Alors il y a quand même quelque chose de très dérangeant dans ce « débat » c’est de dire que le système pourrit cette élite qui représente l’avenir d’une nation. Donc des gens dotés d’une large culture générale et forte capacité de réflexion ne sont pas capables de penser par eux même ? Et pire encore, ça revient à ne pas reprocher le formatage en lui-même mais le type.

 

Ce qui relance le vieux débat : l’école doit-elle instruire ou éduquer ? Dans le premier cas, le professeur a devant lui des élèves, dans l’autre des enfants. Il y a une vraie distinction qui divisait déjà les Lumières : Voltaire et Condorcet partisans de l’instruction s’opposaient à Kant et Rousseau favorables à des conceptions plus éducatives.

Malgré de larges remises en cause, le système scolaire contribue à transmettre les valeurs de la République, devenant un levier puissant de la Démocratie notamment à travers l’éducation civique. Ne parlons-nous pas « d’éducation nationale » pour désigner l’ensemble des écoles où la clé de voute de notre nation est érigée : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

 

Alors quelles valeurs sont transmises dans le système HEC ? D’être il parait de requins prêts à tout pour le profit balayant d’un revers de la main toutes les valeurs morales. La preuve, les meilleurs – il parait aussi – vont travailler dans la finance. Etant moi-même issue du système HEC, j’ai envie de répondre que les valeurs qu’on nous transmet sont celles du travail, de la persévérance, du gout de l’effort et surtout l’ouverture d’esprit… Oui on a des cours d’éthique, des cours enseignés par des enseignants issus de tous les courants, de nombreux débats sont organisés... Oui on sort humainement grandi. Libre à nous par la suite de se faire une opinion. Puis n'est ce pas dans les écoles de commerce que l'on a le plus de possibilités d'avoir une vie extra-scolaire nous donnant l'opportunité de developper des compétences justement hors système ?

Le système existe bien mais il est pluriel, à l'image des opportunités offertes, des façons de penser de chacun et des opinions. Comme le prouve l’existence même de ce livre. Nous ne sommes donc pas autant formatés qu’on le dit ou pas plus qu’ailleurs…

 

 

 

08.09.2009

La Taxe Carbone

 

economie-ecologie1.gif

La taxe Carbone (ou contribution climat-énergie) figurant dans le fameux pacte de Nicolas Hulot qui avait été signé par la majorité des présidentiables  de 2007, refait surface et bouscule les rangs.

 

En effet, instaurer un nouvel impôt (parce qu’il s’agit bien d’un impôt repeint en vert) doit s’inscrire dans une logique. Taxer les energies polluantes pour inciter à aller vers des énergies plus propres, le principe est honorable. Sauf que pour être un consommateur plus vert, faut pouvoir avoir le choix. Or, ce n’est pas encore le cas. Prenons l’exemple des voitures électriques, l’Etat n’a pas pris la peine de sauver Heuliez, le potentiel producteur à bas cout de voitures vertes – que Borloo, ministre de l’écologie, lui-même a approuvé – à tel point que la région Poitou-Charentes a du venir en renfort.

Sans compter que ça taxerait le gaz, le pétrole… mais pas l’électricité. Puis il est quand même difficile à comprendre (et accepter) que ceux sont encore les petits qui vont devoir payer alors que les gros comme Total n’auront aucun effort à fournir. Cela manque donc clairement de cohérence.

A vrai dire, on ne s’y retrouve vraiment plus. Un premier ministre qui déclare que la taxe sera de l’ordre de 14€ la tonne de CO2, et très rapidement le Président de la République le contredit lors d’une réunion avec les écologistes en leur affirmant que l’arbitrage n’a pas été encore fait. Outre l’énième humiliation qu’essuie François Fillon, on ne sait plus où donner de la tête. Surtout que le rapport de Rocard avait bien notifié qu’en dessous de 30€ la tonne, celle-ci serait inefficace. Un coup, il y aura des compensations via un chèque vert, puis non, un autre coup la taxe carbone remplacerait un autre impôt, puis non…

Ce manque de clarté donne l’impression qu’ils jaugent les réactions de l’opinion. 2/3 des français contre la mise en place de la taxe ce n’est pas rien alors que les régionales arrivent à grands pas… Puis se préoccuper de l’avenir environnemental à la veille du sommet de Copenhague foncièrement ça fait bien. C'est devenu une vraie affaire politico-politicienne.

 

Le gouvernement, arrivera donc peut-etre à réaliser un vieux fantasme : faire pousser l'argent dans les arbres....