07.06.2009

En attendant que nous devenions européen...

caricature.jpgA quelques heures des résultats, la campagne des européennes a été décevante.

On s'étonne et dénonce déjà les futurs taux d'abstention records en France comme dans toute l'Union Européenne. Mais cela n'a rien de surprenant.

Qu'est ce qu'une élection - de ce type - en 2009 ? C'est des listes constituées par des candidats qui défendent des idées élus au suffrage universel. Or pour ce scrutin, on a presque aucun de ces éléments, alors finalement pourquoi aller voter ? Les européens se sont désintéressés de cette élection et donc, dans une certaine mesure, cela rétablit le suffrage censitaire.

 

Pourtant, à gauche comme à droite, on nous répète « l'Europe doit se construire avec les citoyens sinon elle se construira contre eux ». Les politiques ont en effet essayé de faire « bonne figure ». A coup de spot de propagande à l'effigie du grand et beau Nicolas Sarkozy qui ressort la bonne vieille recette de l'insécurité, de la mise en scène de réconciliation des copines Martine et Ségolène qui s'aiment et s'adorent tellement qu'elles s'offrent des cadeaux, de Bayrou qui fait campagne pour les présidentielles pendant les européennes... Mais tous appellent bien sur de leurs vœux à voter.

Puis même, les bases de cette élection sont à la fois compliquées et étranges, au point de remettre en cause sa légitimité. La France a, à son actif 8 circonscriptions mais sa répartition est pour le moins discutable. Les catalans - département des Pyrénées Orientales - dépendent du Sud-ouest et voteront pour des basques ? L'Outre-Mer quant à eux ne représentent qu'une circonscription...

Mais de toute façon, les listes ont tardé à venir, tout comme les professions de foi, qui au final sont « folkloriques ». A l'image du parachutage de Vincent Peillon qui se retrouve dans le Sud-est, apprendra t-il le ch'ti aux Marseillais ? De Rachida Dati qui à contrecœur se présente aux européennes et s'inquiète donc déjà de trouver une nourrice pour garder sa fille Zhora.

Tant qu'aux médias ce n'est guère mieux. Un seul et unique débat avec l'émission d'Arlette Chabot «  A vous de juger ». Seul bémol, aucun candidat à ce scrutin n'était présent, que des chefs de parti.

 

Comme si les européennes étaient des débats de seconde zone. A tel point qu'il n'y aura pas d'émission réservée sur les grandes chaines le soir du scrutin ou à partir de 23h pour laisser la place à  « Capital » sur M6, « Troie » sur France3 et « Les Expert : Manhattan »sur TF1. Ou alors sur France 2 mais entre coupé pendant environ une heure par "Cold Case".

Dans cette élection, rien n'est donc clair. Même pas les enjeux. D'ailleurs ce matin, je lisais dans un petit encart sur le site www.lemonde.fr « réagissez : quels sont les enjeux des européennes ? » Cette question est donc, dans une certaine mesure, résume donc bien tout.

Nous sommes-nous posé cette même question pour les présidentielles ? Les législatives ? Ou les municipales ? J'en ai pas le souvenir tellement ça coule de source. Alors que les enjeux sont plus que majeurs : dans une conjoncture de crise mondiale, de construction d'un monde multipolaire, il apparaît essentiel de construire « les Etats-Unis d'Europe ».

Alors quand Jean Michel Apathie dit que « la France file un mauvais coton » , c'est vrai, mais le problème c'est que le problème supranational puisque (notamment) l'Europe aussi...